ESU-RSI : la ministre suspend quatre membres de comités de gestion à l’ISTM/Kinshasa et à l’UPN
La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a signé, entre le 30 juillet et le 6 août 2026, quatre arrêtés ministériels suspendant des membres des comités de gestion de l’ISTM/Kinshasa et de l’Université Pédagogique Nationale
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESU-RSI) durcit le ton dans le pilotage des établissements publics d’enseignement supérieur. En l’espace d’une semaine, la ministre Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna a pris quatre arrêtés visant des membres de comités de gestion à Kinshasa, plus précisément à l’Institut supérieur des techniques médicales de Kinshasa (ISTM/Kinshasa) et à l’Université Pédagogique Nationale (UPN).
Deux suspensions à l’ISTM/Kinshasa
Les deux premiers arrêtés, n°220/2026 et n°221/2026, ont été signés le 30 juillet 2026 et concernent l’ISTM/Kinshasa.
Par l’arrêté n°220/2026, la ministre suspend CT. Kanga Kuzasa Carine, Administratrice du Budget et membre du comité de gestion de l’établissement.
Le texte invoque notamment l’existence d’indices sérieux de mégestion financière et administrative, ainsi qu’un important manque à gagner pour l’institution. L’arrêté précise que cette décision s’appuie, entre autres, sur le rapport de la Directrice générale de l’ISTM/Kinshasa du 16 juillet 2026 relatif à l’état d’avancement d’une enquête sur le dossier des duplicatas de frais d’études, ainsi que sur le rapport de la mission d’audit mise en place par la ministre.
Le même jour, l’arrêté n°221/2026 suspend également Prof. Basila Ilengi Mbula Jean-Pierre, Secrétaire général académique de l’ISTM/Kinshasa. Là aussi, le ministère évoque des indices sérieux de mégestion financière et administrative ainsi qu’un préjudice important pour l’établissement.
L’UPN également visée
Le ministère a ensuite étendu ces mesures à l’Université Pédagogique Nationale.
Par l’arrêté n°222/2026, signé le 30 juillet 2026, la ministre suspend Dir.-C.S. Ilunga Ngoy Sympho, Administratrice du Budget et membre du comité de gestion de l’UPN.
Dans ce cas, le document officiel fait état d’indices sérieux de négligence grave, de non-respect des instructions financières et administratives de la hiérarchie, ainsi que d’un préjudice financier important. Cette décision se fonde notamment sur le rapport circonstancié de la Rectrice de l’UPN daté du 21 juillet 2026, ainsi que sur le rapport de la commission d’enquête administrative mise en place par le ministère.
Quelques jours plus tard, la ministre a signé un quatrième texte, l’arrêté n°228/2026, en date du 6 août 2026, suspendant Prof. Phongi Kingiela Albert, Secrétaire général à la Recherche de l’UPN.
Cette fois, le ministère évoque des indices sérieux de manquements graves dans l’exercice de ses fonctions, justifiant, selon l’arrêté, l’adoption de mesures conservatoires.
Des mesures conservatoires, pas encore une décision définitive sur le fond
À la lecture des quatre arrêtés, il ressort que le ministère parle de suspension et de mesures conservatoires. Autrement dit, les décisions prises à ce stade ne constituent pas nécessairement une sanction définitive sur le fond, mais visent, selon les textes, à prévenir des dysfonctionnements graves dans les établissements concernés.
Ces mesures traduisent néanmoins un resserrement du contrôle ministériel sur la gouvernance des institutions publiques d’enseignement supérieur, dans un contexte où la question de la transparence administrative, de la gestion financière et de la responsabilité des comités de gestion revient régulièrement dans le débat universitaire congolais.
Un signal fort sur la gouvernance universitaire
Au-delà des personnes visées, ces arrêtés envoient un signal clair aux établissements publics : la gouvernance universitaire est désormais observée de près par la tutelle, notamment sur les questions liées à la gestion financière, au respect de la hiérarchie et à la qualité de l’administration institutionnelle.
Pour l’ISTM/Kinshasa comme pour l’UPN, ces suspensions pourraient avoir un impact immédiat sur le fonctionnement des équipes dirigeantes, alors que la stabilité des organes de gestion reste un enjeu sensible dans plusieurs établissements de la RDC.
