Dans un contexte où la promotion des langues nationales reste souvent reléguée au second plan, l’Université de Kinshasa (UNIKIN) vient de franchir une étape décisive en rendant obligatoire la traduction des résumés des mémoires de fin de cycle dans une langue nationale.
Cette décision, annoncée par le Secrétariat Général Académique de l’Université, stipule que les résumés devront désormais être rédigés en français ainsi qu’en swahili, lingala, kikongo ou tshiluba, les quatre langues nationales reconnues en République Démocratique du Congo (RDC).
Cette mesure, motivée par une recommandation du Comité de Gestion lors de sa réunion du 11 décembre 2024, vise à promouvoir la diversité linguistique tout en renforçant l’ancrage culturel des productions académiques.

Une démarche symbolique et pratique
La décision de l’UNIKIN reflète une prise de conscience de l’importance des langues nationales dans le paysage académique et sociétal congolais. Elle contribue non seulement à la valorisation des langues locales, mais aussi à la démocratisation des savoirs. En permettant aux communautés, même non francophones, d’accéder à des connaissances académiques, cette initiative réduit la barrière linguistique et encourage une appropriation plus large des travaux de recherche.
Vers une adoption nationale ?
L’exemple de l’Université de Kinshasa mérite d’être suivi par d’autres institutions d’enseignement supérieur en RDC. L’intégration des langues nationales dans les productions académiques peut avoir un impact positif non seulement sur la recherche locale, mais aussi sur la préservation du patrimoine linguistique. Les universités de Lubumbashi, Kisangani, ou encore celles des provinces éloignées, devraient emboîter le pas afin de faire de cette initiative une norme nationale.
En outre, cette démarche pourrait également inspirer d’autres pays africains à valoriser leurs langues locales dans les sphères académiques et administratives.
Une initiative à soutenir
L’intégration des langues nationales dans l’enseignement supérieur est un pas vers une société plus inclusive et respectueuse de sa diversité. Cette mesure pourrait être renforcée par des formations en langues nationales pour les étudiants et les enseignants, ainsi que par la publication d’ouvrages académiques bilingues.
L’initiative de l’UNIKIN est un modèle à encourager, car elle montre que le respect de nos langues nationales peut aller de pair avec l’excellence académique. On espère voir d’autres universités suivre cet exemple dans un élan collectif pour l’avenir culturel et intellectuel de la RDC.
La rédaction