Les restrictions d’accès aux données des réseaux sociaux : un obstacle à la recherche sociétale cruciale

Les restrictions d’accès aux données des réseaux sociaux entravent la recherche sociétale essentielle.

Alors que des plateformes comme Facebook, Instagram, Twitter (maintenant X), et TikTok ont profondément intégré nos vies, leur rôle va au-delà des simples interactions personnelles pour structurer nos engagements professionnels et civiques.

Ces plateformes sont devenues une part indispensable de la routine quotidienne pour de nombreux chercheurs et individus, consommant une part significative de leur temps et de leur attention. Elles ont remodelé notre sphère publique, influençant nos interactions et la normativité sociale.

En utilisant les réseaux sociaux, nous laissons des empreintes numériques qui offrent aux chercheurs une opportunité sans précédent d’étudier les comportements individuels et collectifs. Ces données peuvent éclairer des dynamiques clés du 21e siècle, de la propagation de la désinformation à l’impact de nos interactions en ligne sur notre santé mentale.

Cependant, l’accès à ces données est devenu de plus en plus restreint. Les plateformes ont restreint l’accès aux API, citant des préoccupations telles que la vie privée des utilisateurs et la crainte de l’utilisation des données pour entraîner de grands modèles linguistiques. Par exemple, Twitter a mis son API derrière un mur payant, et Reddit a suivi. Plus récemment, Meta a fermé CrowdTangle, limitant l’accès aux données.

Bien qu’il existe d’autres méthodes pour collecter des données, comme les auto-déclarations ou le web scraping, elles présentent des limites et sont souvent dans une zone juridique grise. Travailler directement avec les plateformes est une option, mais elle est souvent réservée à quelques privilégiés dans les pays riches.

En réponse à ces préoccupations, l’UE a introduit le DSA pour réglementer les plateformes en ligne. Cela inclut la nécessité pour les grandes plateformes de partager des données avec les chercheurs. Cependant, cela ne concerne que les chercheurs de l’UE ou ceux étudiant les risques systémiques dans l’UE.

Pourtant, les risques systémiques des plateformes ne se limitent pas à l’UE. Les chercheurs en dehors de l’UE ne peuvent pas accéder aux données nécessaires pour étudier ces risques, entravant la recherche sur des sujets comme la désinformation et le bien-être numérique.

Pour remédier à cela, les chercheurs africains pourraient suivre l’exemple de l’UE en plaidant pour des réglementations similaires dans leurs pays. Cela nécessitera des efforts politiques, civils et techniques, mais pourrait conduire à une recherche plus équitable et approfondie sur les risques systémiques en ligne.

En dépit des défis, il existe un appétit suffisant pour faire progresser cette cause. Des discussions ont déjà commencé pour développer une alliance africaine pour l’accès aux données, ce qui pourrait ouvrir la voie à une meilleure compréhension des risques des plateformes en ligne à l’échelle mondiale.

Source : Universityworldnews

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