Matadi : Le recteur de l’Université Kongo exhorte la jeunesse du Kongo Central à devenir moteur du changement

Matadi, le 17 mai 2025 – Lors d’une conférence-débat organisée à l’hôtel Ledya de Matadi sur le thème « Les grands défis de la jeunesse de la province du Kongo Central », le professeur Germain Kuna, recteur de l’Université Kongo, a livré une allocution empreinte d’alerte et d’espoir, en appelant la jeunesse à jouer un rôle déterminant dans la transformation de la société congolaise.

Professeur Germain KUNA

Initiée par le conseiller du gouverneur en charge de la jeunesse, cette rencontre a réuni plusieurs intervenants, dont le professeur Kuna, qui s’est longuement attardé sur les enjeux spécifiques auxquels sont confrontés les jeunes, tant au niveau national que provincial.

D’entrée de jeu, le recteur a défini la jeunesse comme une phase décisive de transition entre l’adolescence et l’âge adulte, marquée par la quête d’autonomie, la construction identitaire et l’insertion socioprofessionnelle. Il a décliné cinq étapes majeures de cette période de vie : quitter le foyer familial, accéder à un emploi stable, fonder un foyer, assumer la parentalité et s’engager activement dans la vie communautaire.

Mettant en avant les forces intrinsèques de cette tranche d’âge — vigueur physique, esprit novateur, goût du risque, ouverture d’esprit et capacité d’engagement — il a néanmoins dressé un constat préoccupant. Une large frange de la jeunesse du Kongo Central, a-t-il noté, vit dans des conditions précaires, prisonnière de l’oisiveté, du chômage et d’un environnement sans perspectives.

Selon les chiffres présentés, la province ne recense pas plus de 20 000 étudiants, un chiffre modeste au regard de son poids démographique. Le professeur Kuna en impute la responsabilité à une combinaison de facteurs : absence de politiques publiques cohérentes pour la jeunesse, inadéquation du système éducatif, faiblesse du tissu associatif, prolifération de mouvements fanatiques, et instrumentalisation politique des jeunes.

Il a également dénoncé la montée de maux sociaux tels que la toxicomanie, le tabagisme, le sexisme, et le manque criant d’espaces récréatifs, qui freinent le plein épanouissement des jeunes de la province.

Pour y remédier, le recteur a esquissé plusieurs pistes de solution : instauration de politiques d’encadrement et de promotion de la jeunesse, alignement de la formation sur les réalités du marché de l’emploi, appui à l’entrepreneuriat par des business plans réalistes, développement personnel par la formation continue, et recherche de modèles inspirants.

En conclusion, Germain Kuna a souligné que le développement d’une société repose sur deux leviers essentiels : la consommation et l’investissement. « Chers jeunes, prenez conscience de votre rôle. Vous êtes les véritables acteurs du développement. Le changement ne viendra pas des autres. Apprenez, fixez-vous des objectifs et entourez-vous de personnes de référence. »

Ce vibrant appel à la responsabilisation trouve un écho particulier dans un contexte où la jeunesse congolaise, malgré les défis, demeure un formidable vivier d’énergie et d’espoir pour l’avenir du pays.

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *