Hommes de l’ombre au service de l’État, discrets mais influents, les conseillers d’État et ministériels jouent un rôle déterminant dans la prise de décision au plus haut niveau.
Véritables bras droits des décideurs, que ce soit du président de la République ou des membres du gouvernement, ils ont pour mission de les éclairer et de les conseiller au quotidien. Mais qui sont ces hommes et femmes qui œuvrent dans la confidentialité des bureaux ? Quelles sont leurs responsabilités ? Et que doit-on attendre de ces éminences grises ?
Le conseiller, un expert polyvalent
Avant toute chose, un bon conseiller doit faire preuve d’une expertise reconnue dans de nombreux domaines : politique, économie, relations internationales, communication, etc. « On attend d’eux une vision globale et transversale des dossiers, explique Samia Badat, ancienne conseillère ministérielle. Ils doivent être capables de passer d’un sujet à l’autre avec la même aisance et la même maîtrise. »
Car leur rôle ne se limite pas à apporter un avis éclairé. Ils préparent également les décisions stratégiques, formulent des propositions, rédigent des notes de synthèse. De véritables hommes-orchestres qui doivent pouvoir traiter des sujets aussi variés que sensibles.
Une obligation de réserve absolue
Si les conseillers sont des célébrités dans leur sphère d’activité, ils restent dans l’ombre une fois les portes des cabinets fermées. « La discrétion et le devoir de réserve sont cruciaux, souligne André Villers, ancien conseiller d’un Premier ministre. Nous devons rester impartiaux et protéger la confidentialité des échanges avec nos supérieurs. »
Cette forme d’anonymat imposée constitue le revers de la médaille pour ces influences discrètes. Mais c’est le prix à payer pour garder la confiance du décideur et ne pas entraver sa parole. Le conseiller ne doit jamais chercher à se mettre en avant, sous peine de semer le trouble au sein de l’exécutif.
Des relations de confiance cruciales
C’est d’ailleurs cette relation de confiance avec le chef qui fait toute la valeur du conseiller. « Un bon ministre ou un bon président choisira toujours ses conseillers en fonction de leur loyauté, mais aussi de leur capacité à dire les choses avec honnêteté et fermeté si nécessaire, analyse Stéphane Moutel, consultant en communication politique. Le conseiller doit être un recours contre la langue de bois. »
Un rôle de garde-fou qui n’est possible que dans un esprit de franchise mutuelle. Le conseiller prend alors des risques en allant à contre-courant, mais gagne le respect de celui qu’il conseille. Une mission périlleuse mais ô combien précieuse pour la bonne marche des affaires de l’État. Des hommes de l’ombre incontournables.
La rédaction