L’Algérie s’affirme comme un leader éducatif en Afrique avec un ambitieux programme de bourses et une banque dédiée à l’éducation

Lors de la Conférence continentale 2024 en Mauritanie, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a dévoilé des initiatives majeures destinées à renforcer l’éducation en Afrique. Chaque année, l’Algérie attribuera 2 500 bourses, dont 2 000 pour l’enseignement supérieur et 500 pour la formation professionnelle, venant compléter les 6 000 étudiants africains déjà accueillis dans ses établissements.

En parallèle, Tebboune a annoncé la création d’une banque dédiée à l’éducation, via l’Agence algérienne de coopération internationale (AACI), pour financer des projets visant à renforcer les systèmes éducatifs et développer les ressources humaines du continent.

Une politique étrangère axée sur la solidarité africaine

Dans son discours, le président a réitéré l’engagement de l’Algérie à promouvoir la solidarité africaine, soulignant que depuis l’indépendance, 65 000 jeunes africains ont bénéficié d’une formation dans le pays. Il a également mis en avant les efforts algériens pour construire des infrastructures éducatives dans plusieurs pays africains et pour abriter l’Institut africain de l’eau, de l’énergie et du changement climatique.

« Ces initiatives traduisent notre contribution aux efforts collectifs pour renforcer les systèmes éducatifs africains et bâtir des ponts entre les peuples », a déclaré Tebboune, qui a également salué les efforts de l’Union africaine pour promouvoir une éducation adaptée au 21ᵉ siècle.

Un pari sur la diplomatie du savoir

Pour les experts, ce programme de bourses va au-delà de la solidarité régionale : il s’inscrit dans une stratégie de « diplomatie du savoir » qui vise à consolider la position de l’Algérie en Afrique et dans le monde arabe.

« Avec 37 universités classées dans le Times Higher Education 2024, l’Algérie se distingue comme un leader régional dans l’enseignement supérieur. Elle combine soft power et ambitions éducatives pour renforcer ses liens avec ses voisins africains », explique Dr Hana Saada, de l’Université Alger 1.

La création d’une banque dédiée à l’éducation est également perçue comme un levier stratégique. « Cette initiative répond aux besoins spécifiques des nations africaines et témoigne de la volonté de l’Algérie d’investir dans le futur du continent », ajoute-t-elle.

Former les leaders africains de demain

Sallam Touri, chercheur à l’Université Alger 3, souligne que ces bourses visent à former une nouvelle génération de leaders capables de relever les défis du continent. « C’est une vision à long terme qui allie coopération, solidarité et rayonnement international », estime-t-il.

L’Algérie se positionne ainsi comme un pilier éducatif en Afrique. Selon une étude de 2024, elle est le deuxième pays arabe à accueillir des étudiants internationaux, après la Tunisie. Sur le plan global, elle se classe 73ᵉ en termes de soft power et figure parmi les pays africains les plus influents, aux côtés de l’Égypte, de l’Afrique du Sud et du Maroc.

Avec ces initiatives, l’Algérie confirme son rôle de moteur régional, misant sur l’éducation comme outil stratégique pour bâtir une Afrique plus forte et solidaire.

Source: Universityworldnews 

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