La Chine maintient le cap sur la recherche malgré la crise économique

Alors que l’économie chinoise connaît des turbulences, le gouvernement central annonce une augmentation des dépenses de recherche, compensant ainsi les réductions opérées par les autorités locales et les entreprises du pays.

Lors du Congrès national annuel du peuple, le Premier ministre Li Qiang a dévoilé les grandes lignes du budget pour l’année à venir, révélant une augmentation prévue de 10 % des dépenses en science et technologie, portant le total à 370 milliards de yuans (environ 40 milliards de livres sterling). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan visant à « revitaliser » le pays après une période de ralentissement économique.

« La réalisation de l’autosuffisance technologique est une priorité absolue pour le gouvernement chinois, et l’augmentation des dépenses de recherche en est un élément clé de cette stratégie », a souligné Camille Boullenois, directrice associée au Rhodium Group, un institut de recherche renommé. Néanmoins, elle a également noté que le gouvernement chinois, bien qu’aspirant à un plus grand investissement, est confronté à des défis financiers liés à la baisse des recettes fiscales.

Dans cette optique, le financement de la recherche devrait augmenter de 13 %, atteignant ainsi 98 milliards de yuans, en ligne avec les investissements à long terme de la Chine dans ce secteur. Le Premier ministre a également exprimé son souhait de soutenir la réforme et le développement des universités de recherche de haut niveau.

Cependant, des experts avertissent que cette augmentation des dépenses de recherche du gouvernement central pourrait masquer les difficultés rencontrées au niveau local et dans le secteur privé. « Bien que cette augmentation soit impressionnante, elle est également le reflet des difficultés financières des gouvernements locaux, qui ont été les principaux moteurs de la croissance des dépenses de recherche et développement en Chine au cours de la dernière décennie », a souligné Jeroen Groenewegen-Lau, responsable du programme de science, technologie et innovation à l’Institut Mercator pour les études sur la Chine.

Alors que la Chine s’efforce de développer son potentiel de recherche, des questions subsistent quant à la traduction de ces investissements massifs en capacités industrielles. Malgré une production de recherche en forte croissance, l’évaluation de son impact réel reste un défi, notamment en ce qui concerne sa transformation en capacités industrielles.

En outre, la communauté internationale surveille de près les collaborations académiques et scientifiques de la Chine, craignant une ingérence étrangère et de possibles actes d’espionnage. Cette situation pourrait influencer la manière dont la Chine évalue ses priorités en matière de recherche et de développement, dans un contexte de concurrence croissante sur la scène mondiale.

Article original: university world news

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *