Un ancien professeur chinois au Japon condamné à six ans de prison en Chine pour espionnage : un coup dur pour les échanges académiques

Pékin a infligé une peine de six ans de prison pour espionnage à Yuan Keqin, ancien professeur chinois de l’Université d’éducation de Hokkaido au Japon, selon des rapports récents.

Yuan, qui a enseigné la politique est-asiatique au Japon pendant 25 ans, est le premier universitaire chinois employé par une université japonaise à être condamné en Chine après sa détention en 2019. Les accusations d’espionnage portées contre lui en 2020 ont été suivies de sa condamnation en janvier par un tribunal de Changchun, dans la province de Jilin. Yuan avait été arrêté lors d’un retour en Chine pour assister aux funérailles de sa mère.

Ce verdict a suscité une forte réaction au Japon, où des universitaires affirment qu’il n’existe aucune preuve d’espionnage. Ken Suzuki, professeur de droit chinois à l’Université Meiji de Tokyo, a qualifié la nouvelle de « glaçante » pour les universitaires japonais, indiquant que cela pourrait refroidir les échanges académiques entre les deux pays. De plus en plus de professeurs japonais et chinois refusent désormais de mener des recherches en Chine par crainte de subir un sort similaire.

Yuan a fait appel de sa condamnation, et un groupe d’universitaires, dont Suzuki, a lancé le site web « Save Yuan Keqin » pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des accusations infondées et demander sa libération immédiate. Le site a recueilli près de 1 600 signatures de soutien. Naomi Chi, professeure à l’Université de Hokkaido, a souligné l’importance de protéger la liberté académique face aux menaces croissantes.

Les arrestations récentes de professeurs chinois, tels que Hu Shiyun et Fan Yuntao, qui ont disparu après être retournés en Chine, illustrent les risques pour les universitaires en déplacement. Ces incidents surviennent dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, où Pékin est accusé de voler des technologies occidentales et japonaises.

Les autorités japonaises sont critiquées pour leur manque de mesures visant à protéger les professeurs chinois au Japon. En avril, après la disparition de Fan, le secrétaire en chef du cabinet japonais a reconnu l’incident et l’a qualifié de possible violation des droits humains, appelant à des actions plus concrètes pour obtenir des réponses de Pékin.

Source: universityworldnews.com

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